LanguageTool : le correcteur IA multilingue et open source
LanguageTool est un logiciel libre de correction grammaticale, orthographique et stylistique propulsé par l’IA, capable de vérifier des textes dans plus de 30 langues et dialectes, y compris le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol et le portugais.
Là où Grammarly se limite à l’anglais, LanguageTool couvre un spectre linguistique bien plus large, avec un noyau open source que vous pouvez héberger sur vos propres serveurs. C’est l’outil de prédilection des rédacteurs multilingues, des développeurs soucieux de leur vie privée et des équipes internationales qui veulent un correcteur fiable sans envoyer leurs données à un tiers.
- Catégorie
- Correcteur grammatical et stylistique IA
- Éditeur
- LanguageTooler GmbH (filiale de Learneo, Inc.)
- Fondé en
- 2003 par Daniel Naber (Univ. Bielefeld, Allemagne)
- Langues
- 30+ (français, anglais, allemand, espagnol, portugais, néerlandais, polonais, etc.)
- Prix
- Gratuit (limité) · Premium dès ~4,99 $/mois (annuel) · Teams dès ~6,99 $/utilisateur/mois
- Open source
- Open Source Noyau sous LGPL (hébergement personnel possible)
- Intégrations
- Chrome, Firefox, Edge, Safari, Opera, Word, Google Docs, LibreOffice, macOS, Windows, iOS, Android
- API
- Oui (API REST publique + serveur auto-hébergé)
- Site
- languagetool.org
Origines et histoire de LanguageTool
LanguageTool est né en 2003 dans le cadre du mémoire de fin d’études de Daniel Naber, étudiant en linguistique computationnelle à l’Université de Bielefeld, en Allemagne. Le prototype initial, écrit en Python, a été conçu comme un outil de détection d’erreurs stylistiques et grammaticales basé sur des règles. La première version publique (1.0) est sortie le 15 août 2005, avec un support initial pour l’anglais et l’allemand.
Pendant des années, Naber a développé le projet sur son temps libre, en tant que logiciel open source hébergé sur SourceForge. En 2010, LanguageTool supportait déjà plus de 20 langues grâce aux contributions de la communauté. Le projet a ensuite gagné en maturité avec l’ajout d’une interface web permettant la vérification en ligne sans installation locale.
En 2017, Naber s’associe à Christopher Blum (fondateur de Spellboy, un autre correcteur) pour transformer le projet en entreprise commerciale : LanguageTooler GmbH, basée à Potsdam et Hambourg. C’est à ce moment que la version Premium voit le jour, avec des vérifications avancées payantes au-dessus du noyau gratuit.
En avril 2023, LanguageTool est racheté par Learneo, Inc., un groupe américain (Redwood City, Californie) qui possède également QuillBot, Course Hero, Scribbr et Symbolab. Au moment du rachat, LanguageTool comptait plus de 60 000 abonnés payants et des millions d’utilisateurs gratuits, principalement en Europe et en Amérique latine. Le noyau open source a été maintenu après l’acquisition, et Daniel Naber reste à la tête de l’équipe technique.
En mars 2025, avec la version 6.6, Naber a passé les responsabilités de maintenance à Stefan Viol chez LanguageTooler GmbH. La version 6.7, sortie en octobre 2025, a apporté des améliorations aux algorithmes de suggestion.
Comment fonctionne LanguageTool
LanguageTool repose sur une architecture hybride combinant règles linguistiques et modèles d’IA. Comprendre ce mécanisme vous aide à cerner à la fois ses forces et ses limites.
Le moteur de règles
Le cœur historique de l’outil est un système de détection basé sur des règles. Ces règles sont de deux types : des patterns XML (accessibles même aux non-développeurs) et des règles Java plus complexes pour les cas nécessitant une logique avancée. Par exemple, une règle XML peut détecter la confusion entre « there » et « their » en anglais, tandis qu’une règle Java peut analyser la concordance des temps dans une phrase longue.
Ce système est complété par des modèles n-grammes, des bases de données statistiques volumineuses qui permettent de détecter des erreurs contextuelles qu’un simple correcteur orthographique ne repère pas. Les n-grammes analysent les séquences de mots les plus probables dans une langue donnée : si votre texte contient une combinaison statistiquement improbable, LanguageTool signale une erreur potentielle.
La couche IA
Au-dessus du moteur de règles, la version Premium intègre des modèles de NLP plus avancés. Ces modèles, entraînés sur de larges corpus de textes, permettent la reformulation de phrases par IA, la détection de problèmes de ton et de style, les suggestions contextuelles plus fines (noms propres incorrects, numéros IBAN/ISBN erronés) et le « Picky Mode », un mode de vérification approfondie qui signale davantage de suggestions stylistiques.
Contrairement à des outils comme ChatGPT ou Gemini qui génèrent du texte via des LLM de grande taille, LanguageTool reste fondamentalement un outil de correction et de reformulation. Il n’écrit pas à votre place : il analyse ce que vous avez écrit et propose des corrections ciblées.
Fonctionnalités principales
Correction multilingue
C’est le point fort indiscutable de LanguageTool. L’outil supporte plus de 30 langues et dialectes, avec des niveaux de couverture variables. Les langues les mieux supportées (avec plus de 20 000 règles avancées en Premium) sont l’anglais, l’allemand, le français, l’espagnol, le néerlandais, le polonais et le portugais. D’autres langues comme le catalan, l’italien, le russe, l’ukrainien et le chinois bénéficient d’un support de base solide.
La détection automatique de langue fonctionne bien dans la plupart des cas : si vous rédigez un email en français puis basculez vers l’anglais, LanguageTool s’adapte sans intervention manuelle. En pratique, cette bascule n’est pas toujours instantanée sur les textes très courts (2-3 mots), mais elle se stabilise rapidement dès qu’il y a suffisamment de contexte.
Reformulation par IA
La version Premium offre un outil de paraphrase illimité propulsé par l’IA. Vous sélectionnez une phrase et LanguageTool propose des reformulations pour la rendre plus formelle, plus fluide ou plus concise. C’est un complément utile à la correction, surtout pour les rédacteurs non natifs qui veulent polir leur style.
En pratique, la qualité de la reformulation est correcte pour l’anglais et l’allemand, mais sensiblement moins fine pour le français. Les suggestions sont souvent acceptables pour des emails professionnels, mais pour de la rédaction créative ou technique, un contrôle humain reste indispensable.
Guide de style et dictionnaire personnalisé
Le guide de style vous permet de créer des règles personnalisées pour imposer une terminologie cohérente dans vos textes. Par exemple, vous pouvez forcer l’utilisation de « intelligence artificielle » au lieu de « IA » dans un document formel, ou bannir des anglicismes spécifiques. Cette fonctionnalité est disponible en Premium individuel et en Teams.
Le dictionnaire personnel vous permet d’ajouter des mots que LanguageTool ne reconnaît pas (noms propres, termes techniques, jargon métier) pour éviter les faux positifs récurrents.
Intégrations
LanguageTool s’intègre dans la quasi-totalité des environnements de travail courants :
| Plateforme | Type d’intégration | Remarques |
|---|---|---|
| Chrome, Firefox, Edge, Safari, Opera | Extension navigateur | Fonctionne sur Gmail, LinkedIn, X, Facebook et la plupart des sites |
| Google Docs | Add-on | Intégration native dans l’éditeur |
| Microsoft Word | Add-in | Windows et macOS |
| LibreOffice / OpenOffice | Extension intégrée | Supporté nativement dans LibreOffice |
| macOS / Windows | Application desktop | Vérification dans toutes les apps du système |
| iOS / Android | Clavier IA | Correction en temps réel sur mobile |
| VS Code, Vim, Emacs | Extensions tierces (LTeX) | Pour les développeurs (documentation, Markdown) |
| Thunderbird | Extension email | Correction des emails sortants |
Un avantage notable par rapport à Grammarly : LanguageTool supporte nativement LibreOffice, ce qui en fait un choix naturel pour les utilisateurs de suites bureautiques open source.
API REST
LanguageTool propose une API REST publique qui permet d’intégrer la correction dans vos propres applications. L’API accepte du texte brut ou annoté, détecte automatiquement la langue et retourne une liste de corrections avec leur position dans le texte, la règle déclenchée et les suggestions de remplacement.
L’API gratuite est limitée en volume de requêtes. Pour un usage en production, il faut soit souscrire un abonnement Premium/Enterprise, soit héberger votre propre instance du serveur LanguageTool (voir la section self-hosting ci-dessous).
Self-hosting : héberger LanguageTool sur vos serveurs
C’est l’un des atouts majeurs de LanguageTool face à ses concurrents propriétaires : le noyau du serveur est distribué sous licence LGPL, ce qui signifie que vous pouvez l’installer et l’exécuter localement. Aucune donnée ne quitte votre infrastructure.
Déploiement via Docker
La méthode la plus simple consiste à utiliser l’une des images Docker maintenues par la communauté. Voici un exemple de configuration docker-compose.yml fonctionnelle :
services:
languagetool:
image: meyay/languagetool
container_name: languagetool
restart: unless-stopped
ports:
- "8010:8010"
environment:
download_ngrams_for_langs: fr,en
langtool_languageModel: /ngrams
langtool_fasttextModel: /fasttext/lid.176.bin
volumes:
- ./ngrams:/ngrams
- ./fasttext:/fasttext
Au premier lancement, l’image télécharge automatiquement les modèles n-grammes pour les langues spécifiées et le modèle fastText pour la détection de langue. Comptez environ 8 Go d’espace disque pour les n-grammes anglais et français combinés.
Une fois le serveur lancé, vous y accédez via http://votre-serveur:8010/v2. Vous pouvez ensuite configurer les extensions navigateur ou LibreOffice pour pointer vers cette URL au lieu des serveurs cloud de LanguageTool.
Ressources nécessaires
Un serveur LanguageTool avec n-grammes consomme environ 2 à 4 Go de RAM selon les langues activées. Si vous hébergez pour une seule personne, un VPS à 5 €/mois suffit. Pour une équipe de 10 à 20 personnes, prévoyez 8 Go de RAM et un SSD pour des temps de réponse acceptables. La charge CPU est modérée : les vérifications sont rapides même sur du matériel modeste.
Tarifs et formules
| Formule | Prix | Limite caractères | Fonctionnalités clés |
|---|---|---|---|
| Free | 0 $ | ~20 000 / vérification | Correction basique (grammaire, orthographe, ponctuation), extension navigateur |
| Premium | ~4,99 $/mois (annuel) · ~19,90 $/mois (mensuel) | 150 000 / vérification | Vérifications avancées (style, ton), reformulation IA illimitée, guide de style, add-in Word, add-on Google Docs |
| Teams | ~6,99 $/utilisateur/mois (annuel) | 150 000 / vérification | Tout Premium + gestion des utilisateurs, dictionnaire d’équipe, guide de style partagé, statistiques d’usage |
| Enterprise | Sur devis | Personnalisé | Tout Teams + SSO, API dédiée, support prioritaire, options de conformité |
LanguageTool vs Grammarly vs QuillBot
Ce trio domine le marché des correcteurs IA. Voici un comparatif synthétique pour vous aider à choisir.
| Critère | LanguageTool | Grammarly | QuillBot |
|---|---|---|---|
| Langues supportées | 30+ | Anglais uniquement | Anglais principalement (multilingue limité) |
| Open source | Oui (noyau LGPL) | Non | Non |
| Self-hosting | Oui (Docker) | Non | Non |
| Reformulation IA | Oui (Premium) | Oui (Premium) | Excellente (point fort) |
| Détection plagiat | Non | Oui (Premium) | Oui (Premium) |
| Détection de ton | Basique (Premium) | Avancée | Basique |
| Prix Premium (annuel) | ~60 $/an | ~144 $/an | ~120 $/an (estimé) |
| Intégration LibreOffice | Oui (native) | Non | Non |
| Confidentialité | Forte (self-hosting possible) | Cloud uniquement | Cloud uniquement |
| Entreprise propriétaire | Learneo, Inc. | Grammarly, Inc. | Learneo, Inc. |
Verdict du comparatif
Si vous écrivez exclusivement en anglais et que vous voulez le correcteur le plus complet (ton, clarté, plagiat), Grammarly reste la référence. Si vous écrivez en plusieurs langues ou que la confidentialité de vos données est un critère décisif, LanguageTool n’a pas de rival sérieux à ce niveau de prix. Et si votre besoin principal est la reformulation de texte plutôt que la correction pure, QuillBot est plus spécialisé.
Fait notable : LanguageTool et QuillBot appartiennent tous les deux à Learneo, ce qui laisse présager des synergies futures entre les deux outils. Pour l’instant, ils restent des produits distincts.
Pour un comparatif plus large incluant d’autres outils d’écriture assistée par IA, consultez notre comparatif des outils d’IA pour l’écriture.
Cas d’usage concrets
Rédacteur multilingue
Vous rédigez des contenus en français et en anglais pour un blog ou une entreprise internationale. LanguageTool détecte automatiquement la langue et applique les règles correspondantes. Combiné avec l’extension Chrome, chaque email, chaque post LinkedIn et chaque document Google Docs est vérifié en temps réel, sans basculer entre plusieurs outils. C’est le scénario où LanguageTool excelle le plus, loin devant Grammarly.
Développeur rédigeant de la documentation
Vous utilisez VS Code ou Vim pour écrire de la documentation en Markdown. L’extension LTeX (open source) connecte votre éditeur au serveur LanguageTool (local ou cloud) et souligne les erreurs directement dans vos fichiers .md ou .tex. C’est nettement plus pratique que de copier-coller le texte dans un correcteur web. Pour approfondir la rédaction technique assistée, consultez notre guide IA et rédaction.
Équipe entreprise avec contraintes RGPD
Votre entreprise interdit l’envoi de données sensibles à des services cloud tiers. Vous déployez LanguageTool en self-hosting sur votre infrastructure, configurez les extensions navigateur pour pointer vers votre serveur interne, et vos collaborateurs bénéficient de la correction grammaticale sans qu’un seul caractère ne quitte le réseau local. C’est un cas d’usage impossible avec Grammarly ou QuillBot.
Apprenant d’une langue étrangère
Vous apprenez l’allemand ou l’espagnol et vous voulez vérifier vos productions écrites. LanguageTool ne se contente pas de souligner l’erreur : il explique la règle enfreinte (en anglais, principalement) et propose une correction contextuelle. Ce n’est pas un outil pédagogique à proprement parler, mais c’est un filet de sécurité efficace pour consolider vos acquis. Pour des besoins de traduction assistée par IA, d’autres outils seront plus adaptés.
Forces et limites
Ce que LanguageTool fait bien
Couverture linguistique inégalée. Aucun concurrent grand public ne couvre autant de langues avec un niveau de qualité aussi homogène. Pour le français, les règles sont suffisamment fines pour détecter des erreurs de concordance des temps, d’accord du participe passé et de ponctuation française (espaces insécables avant les deux-points, par exemple).
Respect de la vie privée. L’option self-hosting est un avantage décisif pour les entreprises soumises au RGPD ou à des politiques de sécurité strictes. Même en version cloud, LanguageTool affirme ne pas stocker les textes soumis sur ses serveurs.
Légèreté de l’extension navigateur. Contrairement à Grammarly, dont l’extension peut être intrusive avec ses pop-ups et ses widgets, LanguageTool adopte une approche plus discrète. Les erreurs sont soulignées en bleu, et un clic suffit pour voir les suggestions. Pas de sidebar envahissante ni de compteur de « score de clarté » permanent.
Prix compétitif. Le Premium individuel à environ 60 $/an est l’un des meilleurs rapports qualité/prix du marché des correcteurs IA. La version gratuite est déjà utilisable pour un usage basique.
Ce que LanguageTool fait moins bien
Fonctionnalités IA limitées par rapport à Grammarly. Pas de détection de plagiat, pas de scoring de clarté ou d’engagement, pas de suggestions de réécriture complètes. L’outil de reformulation existe mais reste en retrait par rapport aux capacités de QuillBot ou du mode réécriture de Grammarly.
Pas de rapports ou d’analytics. Si vous voulez un tableau de bord montrant vos erreurs récurrentes, vos progrès dans le temps ou des statistiques détaillées sur votre écriture, LanguageTool ne propose rien de comparable aux « weekly insights » de Grammarly. Les statistiques hebdomadaires existent, mais sont rudimentaires.
Extensions navigateur closed source. Malgré le noyau open source du serveur, toutes les extensions navigateur officielles sont propriétaires depuis plusieurs années. Pour les utilisateurs qui veulent une chaîne 100 % open source, c’est un point d’achoppement. Seuls les plugins LibreOffice et les clients tiers comme LTeX restent ouverts.
Qualité variable selon les langues. L’anglais et l’allemand sont nettement mieux couverts que les autres langues. Le support français est bon mais pas excellent : certaines tournures idiomatiques passent entre les mailles du filet, et la reformulation IA en français manque de naturel comparé à l’anglais.
LanguageTool dans l’ère de l’IA générative
Avec l’arrivée des LLM comme ChatGPT, Gemini ou Claude, une question revient souvent : un correcteur grammatical dédié a-t-il encore sa place quand on peut demander à un chatbot de corriger un texte ?
La réponse est oui, pour plusieurs raisons. D’abord, un correcteur dédié fonctionne en temps réel, directement dans votre éditeur, sans copier-coller. Ensuite, il ne risque pas de réécrire votre texte en changeant le sens ou le ton, ce qui arrive fréquemment quand vous demandez à un LLM de « corriger » un texte. Enfin, pour les entreprises, la confidentialité du self-hosting est un avantage que les chatbots IA ne peuvent pas offrir.
Cela dit, pour des tâches de réécriture profonde, de résumé ou de génération de contenu, les LLM sont clairement supérieurs. L’usage optimal consiste à combiner les deux : un LLM pour la création et la structuration du contenu, LanguageTool pour la vérification finale et le polissage. C’est d’ailleurs l’approche recommandée dans notre guide sur l’IA pour la rédaction.
Alternatives à LanguageTool
Au-delà de Grammarly et QuillBot, d’autres outils méritent votre attention selon votre contexte :
| Outil | Point fort | Limite principale | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Hemingway Editor | Simplicité, lisibilité du texte | Anglais uniquement, pas de correction grammaticale avancée | Gratuit (web) / abonnement payant |
| ProWritingAid | Analyse approfondie pour auteurs (25+ rapports) | Anglais uniquement, interface complexe | ~79 $/an |
| Microsoft Editor | Intégré à Microsoft 365 | Peu de langues bien couvertes, pas de self-hosting | Inclus dans M365 |
| Antidote | Référence pour le français (dictionnaires, guides) | Cher, pas d’API, pas d’extension navigateur aussi flexible | ~59 €/an (Web) ou ~129 € (licence) |
Guide de démarrage rapide
Utilisation via le web (sans inscription)
La façon la plus simple de tester LanguageTool est de se rendre sur languagetool.org et de coller votre texte dans le champ de saisie. Aucune inscription n’est requise pour la version gratuite en ligne. Les erreurs sont soulignées et vous pouvez cliquer pour voir les suggestions. La limite est d’environ 20 000 caractères par vérification.
Installation de l’extension navigateur
Rendez-vous dans le Chrome Web Store (ou le magasin d’extensions de votre navigateur) et recherchez « LanguageTool ». Installez l’extension, créez un compte si vous souhaitez accéder aux fonctionnalités Premium, et c’est prêt. L’extension vérifie automatiquement le texte que vous tapez dans les champs de formulaire, emails et éditeurs en ligne.
Configuration dans LibreOffice
Dans LibreOffice Writer, allez dans Outils > Options > Paramètres linguistiques > Serveur LanguageTool. Cochez « Activer LanguageTool » et laissez l’URL par défaut (serveur cloud) ou entrez l’URL de votre instance self-hosted (ex. : http://192.168.1.10:8010/v2). Assurez-vous de désactiver les autres correcteurs grammaticaux dans Outils > Options > Aide à la rédaction pour éviter les conflits.
Configuration dans VS Code avec LTeX
Installez l’extension « LTeX » depuis le marketplace VS Code. Par défaut, LTeX embarque une version locale de LanguageTool. Pour utiliser votre propre serveur, ajoutez dans settings.json :
{
"ltex.ltex-ls.languageToolHttpServerUri": "http://localhost:8010",
"ltex.language": "fr"
}
LTeX supporte Markdown, LaTeX, reStructuredText et d’autres formats de balisage, ce qui le rend idéal pour la documentation technique et les articles scientifiques.
Conseils avancés
Activer le Picky Mode
Le « Picky Mode » (disponible en Premium) augmente la sensibilité du correcteur. Il signale davantage de suggestions stylistiques, des virgules optionnelles, des tournures maladroites et des redondances. Activez-le pour la relecture finale d’un document important, mais gardez-le désactivé en mode brouillon pour éviter d’être submergé de suggestions.
Créer des règles personnalisées
Via le guide de style, vous pouvez définir des substitutions automatiques. Exemple concret : si votre entreprise utilise « client » et jamais « usager », créez une règle qui signale chaque occurrence de « usager » avec la suggestion « client ». Pour les règles XML plus complexes, la documentation officielle sur dev.languagetool.org explique la syntaxe en détail.
Optimiser l’utilisation de l’API
Si vous intégrez LanguageTool dans un pipeline de CI/CD pour vérifier automatiquement la documentation avant chaque déploiement, quelques bonnes pratiques s’imposent : envoyez le texte par lots de 10 000 caractères maximum pour des temps de réponse optimaux, spécifiez la langue explicitement (paramètre language) plutôt que de reposer sur la détection automatique, et activez les règles « picky » via le paramètre level=picky pour une vérification exhaustive.
Verdict
LanguageTool occupe une niche bien définie : c’est le meilleur correcteur grammatical IA pour les utilisateurs multilingues et les organisations soucieuses de la confidentialité de leurs données. Son noyau open source, sa couverture de plus de 30 langues et son prix agressif en font un choix rationnel face à un Grammarly plus cher et limité à l’anglais.
Ses limites sont réelles : les fonctionnalités IA avancées sont en retrait, l’analyse stylistique en français n’atteint pas le niveau d’Antidote, et les extensions navigateur closed source frustrent la communauté open source. Mais pour le rédacteur multilingue, le développeur qui veut corriger sa doc sans quitter VS Code, ou l’entreprise qui veut un correcteur RGPD-compatible, LanguageTool reste le choix le plus solide du marché.
LanguageTool ne cherche pas à être le correcteur le plus intelligent. Il cherche à être le correcteur le plus utile, partout où vous écrivez, dans la langue où vous écrivez.
Questions fréquentes sur LanguageTool
LanguageTool est-il vraiment gratuit ?
Oui, la version gratuite existe et couvre les vérifications basiques de grammaire, d’orthographe et de ponctuation dans plus de 30 langues, avec une limite d’environ 20 000 caractères par vérification. Vous pouvez l’utiliser sur le site web sans créer de compte. Cependant, les fonctionnalités avancées (reformulation IA, Picky Mode, guide de style, limite à 150 000 caractères) nécessitent un abonnement Premium à environ 4,99 $/mois en facturation annuelle. Pour un usage occasionnel et des textes courts, la version gratuite est suffisante. Pour un usage professionnel quotidien, le Premium s’impose.
LanguageTool fonctionne-t-il bien en français ?
Le support du français est solide : LanguageTool détecte les fautes d’orthographe, les erreurs d’accord (sujet-verbe, participe passé), les problèmes de ponctuation française (espaces insécables) et certaines maladresses stylistiques. En version Premium, des vérifications supplémentaires couvrent le style et le ton. Le français fait partie des langues prioritaires avec plus de 20 000 règles avancées. Cela dit, pour un usage éditorial exigeant en français exclusivement (traduction littéraire, rédaction juridique), Antidote reste plus précis grâce à ses dictionnaires intégrés et son analyse syntaxique profonde.
Quelle est la différence entre LanguageTool et Grammarly ?
La différence fondamentale est la couverture linguistique : LanguageTool supporte plus de 30 langues, Grammarly ne fonctionne qu’en anglais. LanguageTool est partiellement open source et peut être auto-hébergé, Grammarly est entièrement propriétaire et cloud-only. En revanche, Grammarly offre des fonctionnalités plus avancées en anglais : détection de plagiat, scoring de clarté et d’engagement, suggestions de ton plus fines et rapports d’écriture détaillés. Sur le plan tarifaire, LanguageTool Premium coûte environ 60 $/an contre environ 144 $/an pour Grammarly Premium. Si vous écrivez uniquement en anglais et que vous voulez l’outil le plus complet, Grammarly gagne. Pour tout le reste, LanguageTool est le meilleur choix.
Peut-on héberger LanguageTool sur son propre serveur ?
Oui. Le serveur LanguageTool est distribué sous licence LGPL et peut être déployé via Docker en quelques minutes. Cela vous permet de vérifier vos textes sans qu’aucune donnée ne quitte votre infrastructure, un avantage décisif pour les entreprises soumises au RGPD ou à des politiques de sécurité strictes. La version self-hosted inclut le moteur de règles complet et les vérifications n-grammes, mais pas les fonctionnalités Premium propriétaires (reformulation IA, Picky Mode avancé). Comptez environ 2 à 4 Go de RAM et 8 Go de stockage pour les modèles n-grammes de deux langues.
LanguageTool appartient-il toujours à ses fondateurs allemands ?
Non. En avril 2023, LanguageTool a été racheté par Learneo, Inc., un groupe américain basé à Redwood City (Californie) qui détient également QuillBot, Course Hero, Scribbr et d’autres marques EdTech. Daniel Naber, le fondateur, reste impliqué dans le développement, et l’équipe technique demeure basée à Potsdam et Hambourg en Allemagne. Le noyau open source a été maintenu après l’acquisition. L’entreprise opérant le produit reste LanguageTooler GmbH, une filiale de droit allemand.