n8n vs Make : comparatif détaillé pour choisir la bonne plateforme d’automatisation
n8n est fait pour les développeurs qui veulent le contrôle total : open-source, auto-hébergeable, code natif, AI Agent intégré, facturation par exécution. Make est fait pour les équipes non techniques qui veulent automatiser vite : interface visuelle intuitive, 3 000+ intégrations prêtes à l’emploi, facturation par crédit/opération. Si vous lisez ceci, vous hésitez entre les deux. Ce guide vous donne un verdict clair selon votre profil.
- n8n
- Open-source, self-hosted gratuit, 400+ nodes, JS/Python natif, AI Agent LangChain
- Make
- Cloud-only, 3 000+ intégrations, no-code visuel, AI Agents visuels, Make Grid
- Facturation n8n
- Par exécution de workflow entier (cloud dès 24 €/mois, self-hosted gratuit)
- Facturation Make
- Par crédit/opération (Free 1 000 crédits, Core ~10,59 $/mois pour 10 000)
- Self-hosting
- n8n : oui (gratuit, illimité) | Make : non
- Verdict express
- Équipe technique → n8n. Équipe marketing/ops non-dev → Make
Deux philosophies radicalement différentes
n8n est construit comme une infrastructure d’automatisation que vous possédez. Le code source est disponible sur GitHub (40 000+ stars). Vous pouvez l’héberger sur votre propre serveur, modifier les nodes, écrire du JavaScript ou Python directement dans vos workflows, et n’avez aucune limite d’exécution en self-hosted. C’est un outil de développeur qui se trouve avoir une interface visuelle, pas un outil visuel qui supporte occasionnellement du code.
Make (anciennement Integromat) est construit comme un produit SaaS clé en main. L’interface est conçue pour que quelqu’un sans background technique puisse construire une automatisation en 30 minutes. Les modules sont préconfigurés avec des animations qui montrent le flux de données en temps réel. Le code custom n’est disponible que sur le plan Enterprise. C’est un outil no-code qui vise l’accessibilité, pas la profondeur technique.
Cette différence fondamentale impacte chaque aspect de la comparaison. Aucune des deux plateformes n’est « meilleure » dans l’absolu. La bonne question est : qui dans votre équipe va construire et maintenir ces automatisations ?
Pricing : le vrai coût, au-delà du tarif affiché
C’est souvent le critère décisif, et c’est aussi là que la confusion est la plus grande. Les deux plateformes utilisent des modèles de facturation fondamentalement différents.
n8n : facturation par exécution
Une exécution = un run complet de votre workflow entier, du trigger au dernier node. Qu’il contienne 3 nodes ou 50 nodes, qu’il traite 1 item ou 10 000 items, c’est une seule exécution. Ce modèle est prévisible et particulièrement avantageux pour les workflows complexes multi-étapes.
| Plan n8n | Prix/mois | Exécutions | Cible |
|---|---|---|---|
| Community (self-hosted) | 0 € (infra ~5-20 €) | Illimitées | Développeurs, équipes techniques |
| Starter (cloud) | 24 €/mois | 2 500 | Solo builders |
| Pro (cloud) | 60 €/mois | 10 000 | PME en croissance |
| Business (cloud/self-hosted) | 800 €/mois | 40 000 | Entreprises (SSO, Git, multi-env) |
| Enterprise | Sur devis | Custom | Grands comptes |
Make : facturation par crédit (opération)
Chaque action de module dans un scénario Make consomme un crédit. Un trigger qui vérifie si un nouvel email est arrivé = 1 crédit. Un filtre qui évalue une condition = 1 crédit. Une action qui crée une ligne dans Google Sheets = 1 crédit. Un scénario de 5 modules qui tourne une fois = 5 crédits.
| Plan Make | Prix/mois (annuel) | Crédits/mois | Particularités |
|---|---|---|---|
| Free | 0 $ | 1 000 | 2 scénarios actifs, intervalle min. 15 min |
| Core | ~9 $/mois | 10 000 | Scénarios illimités, intervalle 1 min, API Make |
| Pro | ~16 $/mois | 10 000 | Exécution prioritaire, variables custom, recherche logs |
| Teams | ~29 $/mois | 10 000 | Rôles d’équipe, templates partagés |
| Enterprise | Sur devis | Custom | Support 24/7, protection contre les dépassements |
Le calcul qui change tout
Prenons un exemple concret. Vous avez un workflow de 10 étapes qui traite des leads entrants, et il tourne 1 000 fois par mois.
Avec n8n : 1 000 exécutions. Sur le plan Pro (60 €/mois pour 10 000 exécutions), c’est confortablement dans les limites. En self-hosted : 0 € de licence, seulement le coût du serveur (~10 €/mois).
Avec Make : 1 000 runs × 10 modules = 10 000 crédits. Pile la limite du plan Core (9 $/mois). Mais attention : si vous avez un trigger polling (qui vérifie toutes les minutes s’il y a de nouvelles données), chaque vérification consomme un crédit même quand il n’y a rien de nouveau. Un seul trigger polling toutes les minutes = 1 440 crédits/jour = 43 200 crédits/mois. Votre plan Core est explosé en quelques jours.
Verdict pricing : Pour les workflows simples et peu fréquents, Make est moins cher (Free plan ou Core à 9 $/mois vs Starter n8n à 24 €/mois). Pour les workflows complexes et/ou à haut volume, n8n est systématiquement moins cher. En self-hosted, n8n est imbattable : exécutions illimitées pour le prix d’un VPS à 5-10 €/mois.
Facilité d’utilisation
Make : conçu pour les non-développeurs
Make excelle dans l’onboarding. L’éditeur visuel utilise des modules colorés connectés par des lignes qui animent le passage des données. Les modules sont préconfigurés : vous sélectionnez « Google Sheets > Add a Row », renseignez vos champs, et c’est fait. Un marketeur ou un ops manager peut construire un scénario fonctionnel en moins d’une heure, sans avoir jamais touché à une API.
La contrepartie : dès que vous sortez du périmètre des modules préconfigurés, l’expérience se dégrade. Le module HTTP pour appeler des APIs custom demande des connaissances techniques. Les iterators et aggregators (pour traiter des tableaux de données) ont une courbe d’apprentissage significative. Et le code custom (JavaScript) n’est disponible que sur le plan Enterprise.
n8n : conçu pour les développeurs (avec interface visuelle)
n8n demande plus de temps pour la prise en main. L’interface est fonctionnelle mais moins « guidée » que Make. Vous devez comprendre la structure JSON des données, les expressions pour référencer les champs ({{ $json.email }}), et la logique de flux. Un développeur sera productif en quelques heures. Un non-développeur aura besoin d’une semaine ou plus.
En contrepartie, une fois passé ce cap, n8n offre une profondeur de contrôle incomparable. Vous écrivez du JavaScript ou Python directement dans les nodes Code. Vous manipulez les données avec des expressions complexes. Vous créez des sub-workflows réutilisables. Vous testez chaque node individuellement avec « Execute step ». Et l’AI Workflow Builder peut générer un workflow fonctionnel à partir d’une description en langage naturel, ce qui accélère considérablement le prototypage.
Verdict UX : Make gagne pour le time-to-value sur les cas simples. n8n gagne dès que la complexité augmente.
Intégrations : quantité vs extensibilité
Make revendique 3 000+ intégrations prêtes à l’emploi. n8n en a environ 400+ nativement, plus des centaines de nodes communautaires. Sur le papier, Make a un avantage considérable. En pratique, l’écart se réduit fortement.
n8n compense avec le node HTTP Request, qui permet de se connecter à n’importe quelle API REST sans construire de connecteur dédié. Si un service a une API, vous pouvez l’intégrer dans n8n en quelques minutes. Vous pouvez aussi créer des nodes custom et les partager avec la communauté. Make offre aussi un module HTTP, mais avec moins de contrôle sur les paramètres de requête.
Les intégrations courantes (Google Workspace, Slack, Notion, Airtable, HubSpot, Salesforce, Stripe, PostgreSQL, MongoDB) sont supportées par les deux plateformes. La différence se fait sur les outils de niche : Make a plus de connecteurs préconfigurés pour des services comme Canva, Buffer, ManyChat ou Etsy. n8n est plus flexible pour les APIs internes, les services custom, et les connecteurs non standards.
Verdict intégrations : Make si vous travaillez principalement avec des outils SaaS mainstream et voulez des connecteurs clé en main. n8n si vous intégrez des APIs internes, des services de niche, ou si la flexibilité prime sur la facilité de configuration.
IA et agents : l’écart le plus marqué
C’est le domaine où n8n a pris une avance architecturale significative.
n8n : IA en profondeur
n8n intègre nativement LangChain avec environ 70 nodes dédiés à l’IA. Le node AI Agent implémente le framework ReAct : le modèle raisonne, choisit des outils, observe les résultats, et itère. Vous pouvez connecter ChatGPT, Claude, Gemini, Mistral, ou des modèles locaux via Ollama. Le support des bases vectorielles (Pinecone, Qdrant, Weaviate), des embeddings, et de la mémoire persistante permet de construire des pipelines RAG complets.
Le node OpenAI V2 supporte la Responses API avec web search, file search, code interpreter et serveurs MCP. Le sous-node Anthropic Chat Model donne accès à Claude Opus 4.6 et Sonnet 4.6 avec adaptive thinking. Vous pouvez même utiliser vos propres modèles hébergés, ce qui est essentiel pour les données sensibles.
Make : IA accessible mais moins profonde
Make propose des AI Agents visuels depuis fin 2025, accessibles sur tous les plans payants. Vous pouvez connecter votre propre fournisseur IA (OpenAI, Anthropic) depuis novembre 2025 sur tous les plans payants. Make Grid permet d’orchestrer visuellement des architectures multi-agents.
Cependant, Make n’a pas d’équivalent au framework LangChain natif de n8n. Il n’y a pas de support natif pour les bases vectorielles, les embeddings, ou les pipelines RAG. Le tool use doit être séquencé manuellement comme des modules séparés dans le scénario. Si vous voulez un agent qui décide dynamiquement quels outils appeler, n8n est beaucoup plus adapté.
Verdict IA : n8n, sans hésitation. Pour les équipes qui construisent des agents IA autonomes, des chatbots avec RAG, ou des pipelines de traitement documentaire par IA, l’avantage architectural de n8n est décisif. Make convient pour des appels IA simples (envoyer un texte à ChatGPT et récupérer la réponse).
Self-hosting et souveraineté des données
C’est un critère binaire. n8n peut être auto-hébergé. Make ne le peut pas.
En auto-hébergeant n8n, vos workflows, vos credentials, vos données d’exécution restent sur votre infrastructure. Les données ne transitent par des serveurs tiers que lorsque vous appelez explicitement une API externe (OpenAI, Slack, etc.). Pour les entreprises soumises au RGPD, à HIPAA, ou à d’autres réglementations de résidence de données, c’est souvent un prérequis.
Make est exclusivement cloud. Toutes vos données passent par les serveurs de Make. L’option Enterprise permet un « agent on-premise » pour accéder à des données locales, mais les scénarios tournent toujours dans le cloud Make.
Verdict self-hosting : Si la souveraineté des données est un critère, n8n est le seul choix viable entre les deux.
Code et personnalisation
n8n traite le code comme un citoyen de première classe. Le node Code vous permet d’écrire du JavaScript ou Python directement dans le workflow. Vous pouvez manipuler les données, appeler des librairies, implémenter de la logique métier complexe, et même créer des nodes custom réutilisables. C’est intégré dans l’expérience de construction, pas une échappatoire.
Make a ajouté les « Custom Functions » sur le plan Enterprise uniquement. Elles permettent d’exécuter des snippets JavaScript (Node.js) comme une étape distincte dans un scénario. Sur les plans inférieurs, vous êtes limité aux fonctions built-in de Make pour la transformation de données, qui couvrent les cas courants mais atteignent vite leurs limites sur les cas complexes.
Verdict code : n8n, largement. Si le code custom est un besoin régulier, Make n’est pas une option viable sauf en Enterprise.
Error handling
Les deux plateformes offrent des mécanismes de gestion d’erreur, mais avec des approches différentes.
n8n propose trois niveaux : les workflows d’erreur globaux (un workflow séparé qui se déclenche sur échec), le « Continue on Fail » (le workflow continue malgré l’erreur d’un node), et le « Retry on Fail » (tentatives automatiques avec backoff). Le branching d’erreur conditionnel et la gestion des métadonnées d’erreur (code HTTP, message, stack trace) sont accessibles sur tous les plans.
Make offre un error handler par module et des routes d’erreur dans les scénarios. Les mécanismes sont efficaces pour les cas courants mais moins granulaires que n8n pour les architectures complexes.
Verdict error handling : n8n pour les workflows critiques nécessitant une gestion fine. Make est suffisant pour les automatisations standard.
Tableau comparatif global
| Critère | n8n | Make |
|---|---|---|
| Philosophie | Low-code, développeur-first | No-code, accessibilité-first |
| Facturation | Par exécution de workflow | Par crédit (opération unitaire) |
| Plan gratuit | Community self-hosted (illimité) | 1 000 crédits/mois, 2 scénarios |
| Entrée de gamme payant | 24 €/mois (2 500 exécutions) | ~9 $/mois (10 000 crédits) |
| Self-hosting | Oui, gratuit | Non |
| Open-source | Oui (source-available) | Non |
| Intégrations natives | 400+ (+ communautaires) | 3 000+ |
| Code custom | JS + Python, tous plans | JS, Enterprise uniquement |
| AI Agent natif | LangChain intégré | AI Agents visuels (plus récent) |
| RAG / Vector Store | Oui (natif) | Non natif |
| Modèles locaux (Ollama) | Oui | Non |
| Sub-workflows | Oui (Execute Sub-workflow) | Oui (scénarios appelés) |
| Git natif | Oui (plan Business) | Non |
| Facilité d’utilisation | Bonne pour les devs | Excellente pour non-devs |
| Courbe d’apprentissage | Quelques heures (dev), 1+ semaine (non-dev) | 30 min à 2h pour les cas simples |
| Templates | 8 500+ (bibliothèque officielle) | 1 000+ (bibliothèque officielle) |
| Communauté | 40 000+ membres, contributions au code | Forum de support peer-to-peer |
| Hébergement cloud | UE (Francfort) | Cloud Make (UE/US selon plan) |
Performance et scalabilité
Traitement à haut volume
n8n gère naturellement les gros volumes grâce à son architecture. En self-hosted avec le mode queue (Redis), vous pouvez paralléliser les exécutions sur plusieurs workers. Un workflow qui traite 100 000 items par mois ne coûte pas plus en licence qu’un workflow qui en traite 100. La seule limite est la puissance de votre serveur.
Make impose des contraintes de volume via les crédits. Un scénario qui traite 100 000 items avec 5 modules chacun consomme 500 000 crédits par mois. Au tarif standard, cela nécessite un plan à plusieurs centaines de dollars. Les polling triggers ajoutent des crédits « invisibles ». Pour les déploiements à grande échelle, la facture Make peut dépasser 10 fois le coût d’un n8n self-hosted équivalent.
Vitesse d’exécution
n8n exécute les workflows localement (en self-hosted) ou sur des instances cloud dédiées. La latence dépend principalement des APIs externes appelées, pas de la plateforme elle-même. Vous contrôlez les ressources CPU et RAM allouées.
Make exécute les scénarios sur son infrastructure cloud partagée. Sur les plans Free et Core, les exécutions ne sont pas prioritaires : en période de forte charge, vos scénarios peuvent attendre dans une file d’attente. Le plan Pro et supérieur offre une « exécution prioritaire » qui réduit ces délais. C’est un point à considérer pour les automatisations sensibles au temps (notifications en temps réel, réponses client, alertes de monitoring).
Résilience et monitoring
n8n offre un historique d’exécution détaillé avec inspection node par node, des logs exportables vers des services externes (Datadog, ELK) sur le plan Business, et la possibilité de rejouer les exécutions échouées. En self-hosted, vous contrôlez la rétention des données d’exécution et les sauvegardes.
Make conserve un historique des exécutions (durée variable selon le plan) avec un log détaillé par module. La recherche en texte intégral dans les logs est réservée au plan Pro et supérieur. L’absence de self-hosting signifie que vous dépendez de l’uptime de Make et de leur politique de rétention de données.
Cas d’usage comparés : qui gagne où ?
Automatisation marketing (email, social, CRM)
Gagnant : Make. Les modules préconfigurés pour Mailchimp, HubSpot, ActiveCampaign, Buffer et les réseaux sociaux sont plus rapides à configurer. Un marketeur peut créer un scénario « nouveau lead → email de bienvenue → ajout CRM → post LinkedIn » en 30 minutes sans aucune connaissance technique. n8n peut faire la même chose, mais demande plus de configuration manuelle sur les nodes.
Agent IA de support client avec base de connaissances
Gagnant : n8n. Ce cas d’usage nécessite un agent autonome avec accès à une base vectorielle, mémoire conversationnelle, et routage dynamique d’outils. Le node AI Agent de n8n avec LangChain gère nativement toute cette architecture. Sur Make, vous devriez construire chaque étape manuellement comme des modules séparés, sans boucle agentique. La différence de complexité de mise en œuvre est considérable.
Pipeline de données (ETL, consolidation multi-sources)
Gagnant : n8n. Les nodes Code (JS/Python), les sub-workflows, les boucles sur items, et la capacité de traitement en masse sans surcoût de crédits font de n8n la plateforme naturelle pour les pipelines de données. La facturation par exécution (pas par opération) est un avantage majeur quand un workflow manipule des centaines ou milliers de lignes à chaque run.
Automatisation e-commerce (commandes, inventaire, notifications)
Gagnant : Make pour les cas simples, n8n pour les cas complexes. Pour « nouvelle commande Shopify → notification Slack → mise à jour Google Sheets », Make est plus rapide à configurer grâce à ses modules pré-intégrés. Pour un pipeline complet avec vérification de stock, gestion des retours, analyse IA des avis clients, et synchronisation multi-marketplaces, n8n offre plus de profondeur et de contrôle.
DevOps et IT (monitoring, déploiement, alertes)
Gagnant : n8n. Les workflows DevOps nécessitent souvent du code custom (scripts shell, parsing de logs), des intégrations avec des APIs internes, et un self-hosting pour des raisons de sécurité. n8n coche toutes ces cases. Make n’a pas de module SSH natif et ne peut pas être auto-hébergé, ce qui élimine la plupart des cas DevOps sensibles.
Processus RH (onboarding, suivi candidatures)
Gagnant : Make pour l’onboarding standard. Les scénarios de type « nouveau collaborateur → créer compte Google Workspace → inviter Slack → envoyer email de bienvenue » sont des cas classiques où Make excelle grâce à ses connecteurs visuels. n8n peut faire mieux si vous ajoutez une couche IA (analyse de CV, matching de compétences), mais pour les processus RH standards, Make est plus efficace.
Communauté et écosystème
n8n bénéficie d’une communauté open-source de plus de 40 000 membres sur GitHub. Les utilisateurs contribuent au code source, créent des nodes communautaires, partagent des templates (8 500+ dans la bibliothèque officielle), et participent activement au forum. L’équipe n8n est présente sur le forum et les issues GitHub sont publiques, offrant une transparence totale sur la roadmap et les bugs.
Make a une communauté de support peer-to-peer via son forum. Les templates sont moins nombreux (environ 1 000+ dans la bibliothèque officielle) mais bien documentés. Les problèmes complexes sont souvent redirigés vers le support privé par ticket. L’écosystème est plus fermé, mais le support officiel est plus structuré sur les plans supérieurs.
Pour les développeurs qui veulent influencer l’évolution du produit et contribuer, n8n est clairement plus engageant. Pour les utilisateurs qui veulent un support guidé sans se plonger dans les issues GitHub, Make offre un parcours plus balisé.
Scénarios de choix : qui devrait utiliser quoi ?
Choisissez n8n si…
Vous avez des développeurs dans l’équipe (ou êtes développeur vous-même). Vous construisez des agents IA autonomes ou des pipelines RAG. Vous avez besoin de self-hosting pour des raisons de conformité ou de sécurité. Vos workflows sont complexes (10+ étapes) et tournent à haut volume. Vous voulez écrire du code custom dans vos automatisations. Vous voulez contrôler vos coûts à grande échelle (self-hosted = exécutions illimitées).
Choisissez Make si…
Votre équipe est principalement non technique (marketing, ops, RH). Vous avez besoin de connecteurs prêts à l’emploi pour de nombreux outils SaaS. Vos automatisations sont relativement simples (3-8 étapes). Le volume est modéré (moins de 10 000 opérations/mois). Vous voulez être productif en moins d’une heure. Le self-hosting et le code custom ne sont pas des prérequis.
Utilisez les deux si…
Certaines organisations utilisent Make pour les automatisations de marketing et d’ops (non techniques, volume modéré) et n8n pour les pipelines de données, les agents IA, et les intégrations techniques. Les deux plateformes peuvent coexister sans conflit.
Migrer de Make vers n8n (ou l’inverse)
Il n’existe pas d’outil de migration automatique entre les deux plateformes. La migration est manuelle : documentez chaque scénario Make (trigger, modules, logique), puis recréez l’équivalent dans n8n (ou inversement). Les concepts se mappent assez directement : un « scénario » Make = un « workflow » n8n, un « module » Make = un « node » n8n, un « router » Make = un node « Switch » n8n.
La difficulté principale est la recréation des credentials (connexions aux APIs). Chaque plateforme a son propre système d’authentification, et les tokens OAuth ne sont pas transférables. Prévoyez du temps pour reconnecter chaque service.
Verdict final
Si vous avez lu jusqu’ici, vous avez probablement déjà une intuition. Voici la synthèse sans ambiguïté.
n8n est objectivement la plateforme la plus puissante pour les équipes techniques, les cas d’usage IA, et les déploiements à grande échelle. La facturation par exécution, le self-hosting gratuit avec exécutions illimitées, le code natif, et l’AI Agent LangChain sont des avantages structurels que Make ne peut pas combler. Si vous avez les compétences techniques (ou y avez accès), n8n est le meilleur choix à long terme.
Make est objectivement la plateforme la plus accessible pour les équipes non techniques qui ont besoin de résultats rapides. Si votre équipe est composée de marketeurs, d’ops managers, ou de profils business qui ne veulent (et ne devraient) pas toucher au code, Make offre un time-to-value imbattable. Et pour les automatisations simples à modérées, le rapport qualité/prix de Make (dès 9 $/mois) est excellent.
Le mauvais choix, c’est de mettre n8n entre les mains d’une équipe qui n’a ni développeurs ni appétence technique (frustration garantie), ou de contraindre une équipe de devs à utiliser Make pour des cas d’usage qui nécessitent du code custom et des agents IA (plafond de verre garanti).
Questions fréquentes
n8n est-il vraiment gratuit ?
La Community Edition (self-hosted) est entièrement gratuite avec des exécutions illimitées. Vous payez uniquement l’infrastructure (un VPS à 5-20 €/mois suffit pour la plupart des cas). Les plans cloud n8n sont payants à partir de 24 €/mois. Make offre un plan gratuit permanent (1 000 crédits/mois), mais il est limité à 2 scénarios actifs et un intervalle minimum de 15 minutes entre les exécutions.
Lequel est le moins cher pour un workflow de 10 étapes qui tourne 5 000 fois par mois ?
Avec n8n : 5 000 exécutions, ce qui rentre dans le plan Pro à 60 €/mois (10 000 exécutions incluses). En self-hosted : ~10 €/mois d’infrastructure. Avec Make : 5 000 runs × 10 modules = 50 000 crédits/mois minimum. Le plan Core (10 000 crédits) ne suffit pas. Vous devez monter à un plan avec 80 000 crédits ou acheter des crédits supplémentaires, ce qui coûte significativement plus. n8n est 3 à 5 fois moins cher dans ce scénario.
Make peut-il être auto-hébergé ?
Non. Make est exclusivement un service cloud SaaS. Tous vos workflows, credentials et données d’exécution sont stockés sur l’infrastructure de Make. C’est un critère éliminatoire pour les organisations avec des exigences strictes de résidence ou de souveraineté des données. n8n est la seule des deux plateformes à offrir le self-hosting.
Peut-on utiliser ChatGPT et Claude dans Make ?
Oui. Make dispose de modules OpenAI et Anthropic natifs, et depuis novembre 2025, tous les plans payants permettent de connecter votre propre fournisseur IA (clé API OpenAI, Anthropic, etc.). Cependant, Make n’offre pas d’équivalent au node AI Agent de n8n (basé sur LangChain). Les appels IA dans Make sont séquentiels et manuels : vous ne pouvez pas créer un agent qui décide dynamiquement quels outils appeler. Pour des appels IA simples (prompt → réponse), Make fait le travail. Pour des agents autonomes, n8n est nécessaire.
Est-il possible de migrer facilement de Make vers n8n ?
Il n’existe pas d’outil de migration automatique. La migration est manuelle : vous recréez chaque scénario Make dans n8n en mappant les modules aux nodes équivalents. Les concepts sont similaires (scénario = workflow, module = node, router = Switch), mais les credentials doivent être reconfigurés. Prévoyez 30 minutes à 2 heures par scénario simple, et plus pour les scénarios complexes. Migrez progressivement en commençant par les workflows les moins critiques.